Bollezeele

59470 (Nord)
Conflits commémorés
  • 1914-18
  • Monument communal

Description du monument

Caractéristiques

  • Structure
    • Pilier commémoratif
      • Colonne quadrangulaire
  • Représentations animalières
    • Coq(s)
      • Coq au sommet
  • Ornementation religieuse
    • Croix
      • Croix latine
  • Ornementation associée
    • Drapeau(x) et palme entrecroisés
  • Ornementation civile et militaire
    • Armes
      • Épée
  • Décorations militaires
    • Croix de Guerre
  • Autres éléments
    • Entourages
      • Entourage Bornes/Chaînes

Il est surmonté du coq national se dressant sur le casque à pointe ; il est orné de la palme de la Victoire - Épée entourée d'une branche d'olivier et d'un drapeau - petite croix catholique - croix de guerre

Economie

Prix

20692.25 francs

Souscription

5692.25 francs

Subvention commune

15000 francs

Commentaires

Le dossier relatif à l'érection du monument de Bollezeele n'a pas été retrouvé aux AdN

Inscriptions présentes sur le monument

“A la mémoire des enfants de Bollezeele”

Les morts

1914CARTON AbelDEBRUNE MarcelCARDON PaulCHRISTIAEN AiméHAZELAERE HenriDUBOIS LucienISAERT PaulFERIAU LucienDELAFOSSE Gaston--1915HUYGHE JosephHAZELAERE PaulARNOUTS MauriceMOLLET Michel
LAUWERIER HenriVANPEPERSTRAETE PaulDEVULDER JosephDESCHODT PaulTANCHON ÉmileDEVOS MarcelKYTS Émile--1916BARON PaulPACCOU LouisLANDAES DanielBEUNS ArthurLANDRON Désiré, sergentBEYAERT PaulCABOTSE Daniel
BARON AlphonseDEBOUDT FélicienMENAERT GastonDESCHODT VictorLAUWERIER Adrien--1917BARON OmerDAMMAN PaulCAPPEL GastonDEBROUWER GeorgesLIGNIE AlfredISAERT LucienBAUDENS HubertVAMPARYS Gustave--
1918DEBEYER RémiVERHILLE PaulPIDOU JosephREY JulesVANCAPPELAlbertROMMELAERE JulesLEFEVRE CharlesACHTE AndréBOUDUAEUWAlfredDEBRUNE ÉtienneBONPAIN Albert, caporalLOOCK Lucien, sergentISAERT Charles-LouisCARTON GabrielSCHERRIER Constant

Sources / Bibliographies / Sites Internet

  • Yser HOUCK, Monuments aux Morts. Livrets sur 20 monuments aux morts (CD-Fichiers PDF) - Livret Bollezeele
  • Archives du journal Le Nord Maritime du Mardi 28 juin 1921

Historique du monument

  • 1921
  • Délibérations Conseil municipal 22/02/1921

    22 février 1921 Conseil municipal a décidé d'élever un Monument Crédit de 15 000 F a été inscrit au budget additionnel de 1920 et une somme de ...

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    Délibérations Conseil municipal 22/02/1921

    22 février 1921

    Conseil municipal a décidé d'élever un Monument Crédit de 15 000 F a été inscrit au budget additionnel de 1920 et une somme de 5692,25 F provenant des souscriptions particulières

  • Inauguration 28/06/1921
  • Inauguration - Presse 29/06/1921
    Source : Le Nord Maritime

    Le Nord Maritime du Mardi 28 juin 1921 Une belle cérémonie Bollezeele a glorifié les Morts pour la Patrie Bollezeele, la belle et paisible bourgade de notre ...

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    Inauguration - Presse 29/06/1921

    Le Nord Maritime du Mardi 28 juin 1921

    Une belle cérémonie Bollezeele a glorifié les Morts pour la Patrie Bollezeele, la belle et paisible bourgade de notre Flandre, a magnifiquement glorifié hier, ses enfants morts pour la Patrie. C'est à côté de l'église qu'a été élevé le monument sur les faces duquel sont inscrits les noms des braves qui ont donné leur vie pour le salut du pays. Ce monument est très beau dans sa sobriété : il est surmonté du coq national se dressant sur le casque à pointe ; il est orné de la palme des martyrs, de la croix de guerre et de cette autre Croix qui évoque les quatorze cent mille croix de bois françaises semées de Nieuport aux Vosges…

    Tout Bollezeele assistait à la cérémonie. Il y avait cependant une manifestation attrayante à Rexpoede : les habitants de Bollezeele ont tout simplement compris que le devoir était de rester dans leur commune, à côté de leur dévoué Maire, pour honorer la mémoire de ces braves qui, il y a sept ans, à pareille époque, passaient joyeux sur cette même place, devant cette vieille église, sans songer au douloureux et glorieux destin…

    A trois heures, accompagné de M. Dehaene, maire de Bollezeele, conseiller d'arrondissement ; de MM. De Lavenay, sous-préfet ; Trystram, sénateur ; l'abbé Lemire, député ; Gustave Morael, conseiller général ; Mahieu, conseiller d'Etat, secrétaire général au Ministère des Travaux publics ;L Monteuuis, officier de la Légion d'honneur conseiller municipal et vice-président de la Commission des Hospices de Dunkerque ; Allemes, officier de la Légion d'honneur, ancien commissaire en chef de la Marine ; M. le général Carlier, gouverneur de Dunkerque, passe en revue les sociétés locales : les Sapeurspompiers qui ont fort belle allure sous le commandement du lieutenant Devulder ; la Musique communale, reconstituée sous l'habile direction de M. Kerckhove ; l'Association des Anciens Combattants, avec les Vétérans de 1870-71, ayant à sa tête son Président, M. Maeght ; la société des carabiniers présidée par M. Van Eecke, chevalier de la Légion d'honneur ; les enfants des écoles communales conduits par M. et MmeTréhoux, directeur et directrice, et, bon exemple d'union sacrée, de nombreux enfants des écoles libres.

    Le général eut un mot ou un compliment aimable pour chacun. Ajoutons qu'aux membres du Conseil municipal de Bollezeele avec M. Degay, adjoint s'étaient joints les Maires du Canton : MM. Schiepman, d'Herzeele ; Deblock, de Ledringhem ; Reumaux, de Broxeele ; Desmidt, de Lederzeele et Messiaen, de Merckeghem. Des sièges avaient été disposés devant le monument. Les discours Après l'audition de la « Marseillaise », M. Dehaene, maire, d'une voix claire et forte qui porte loin prononce le beau discours suivant : « Mon Général, Monsieur le Sous-Préfet, Mesdames, Messieurs, Aux 62 enfants de la commune de Bollezeele morts pour la France, j'apporte le salut du Conseil Municipal et l'hommage d'admiration et de reconnaissance de la population entière.

    Dans son cadre sévère, entre la perspective de notre forum communal et celle de notre vieux clocher, se dresse majestueusement le monument destiné à immortaliser leur sacrifice suprême. Ala place d'honneur, que nous lui avons réservée il s'imposera au respect et au recueillement des passants et transmettra, de génération en génération, le culte de ceux qui, généreusement, ont donné à leur patrie tout ce qu'ils pouvaient lui offrir, leur jeunesse et leur force, leurs joies et leurs espérances, leur sang et leur vie !

    De ce monument, qui étendra son rayonnement de gloire bien au-delà de cette enceinte se dégagera spontanément un idéal de bonté, de générosité, de concorde et de fraternité pour le plus grand bien de notre chère commune comme aussi pour le bien de notre grande et belle France. Cette manifestation marquera dans nos fastes une date inoubliable. Comment remercierais-je toutes les sympathies précieuses, tous les concours inestimables qui sont venus rehausser l'éclat de cette solennité et rendre ainsi, si c'est possible, moins amères et moins cruelles les épreuves des familles en deuil, et les larmes des veuves et des orphelins. Mon général, vous avez bien voulu accepter la présidence de cette fête patriotique ; nul n'avait plus d'autorité que vous pour parler du courage et de l'héroïsme du soldat des Flandres au cours de la sanglante épopée de 1914-1918. Monsieur le Sous-Préfet, vous êtes le représentant du Gouvernement de la République ; nous n'oublierons pas que les armées qu'elle a formées ont libéré notre sol et ramené à la patrie l'Alsace et la Lorraine. Nous apprécions, comme il convient, Monsieur le Sénateur et Monsieur le Député l'honneur de vous compter en cette nombreuse assistance ; vous apportez à nos morts et à leurs familles comme l'écho des hommages du Parlement qui a tout fait pour glorifier l'héroïsme et soulager les souffrances et les tristesses de la grande guerre.

    Cher Monsieur le Conseiller Général, votre place était tout indiquée ici ; n'êtes-vous pas toujours de coeur avec nous ? Merci, Monsieur le Conseiller d'État Mahieu d'avoir répondu à notre appel avec une si bienveillante courtoisie ; la Flandre, berceau de votre famille, vous sait gré des services que votre haute situation vous rend heureux de lui prodiguer. Je remercie, Messieurs les Maires du Canton de Wormhout, du témoignage de sympathie qu'ils ont bien voulu apporter à la commune de Bollezeele. Messieurs, une même pensée a guidé vos pas et vos coeurs vers ce monument, pour honorer les braves qui ont succombé pour la défense et la gloire de la Patrie. La liste, hélas, en est bien longue et douloureuse ; tous ont droit à notre hommage et à notre reconnaissance, qu'ils aient expié, par un sort peut-être plus cruel, soit en captivité, soit dans leur foyer, victimes de la guerre. O Morts, martyrs de la plus sainte des causes, honneur à vous ! Dormez en paix, votre sommeil glorieux. Nous ne vous oublierons jamais et après nous, d'autres viendront reprendre de nos mains défaillantes, le flambeau sacré de notre fierté nationale, de notre fierté fraternelle, de nos pieux souvenirs et de notre profonde et inaltérable gratitude. » L'émotion est profonde. On voit que toute la population communie dans ces sentiments si noblement exprimés par un homme dont on sait la haute autorité morale à Bollezeele et dans le canton. M. Gustave Morael, le dévoué Conseiller général, se fait à son tour l'interprète de cette Flandre disciplinée et généreuse dans son sacrifice ; il salue les morts de Bollezeele, les fils de notre vieux terroir qui ont su succomber comme ils ont vécu : dignement, sans crainte et sans faiblesse. M. le Conseiller d'État Mahieu, fils, lui aussi, de notre Flandre, exalte le sacrifice des enfants de Bollezeele, il dit que les survivants travailleront à faire revivre par leur travail et leur belle ténacité cette France sauvée par nos héros. M. l'abbé Lemire provoque à son tour des applaudissements. Il évoque ces morts glorieux, il leur parle ; il s'adresse à leurs mères, à leurs épouses, à leurs enfants, il dit la signification de ces croix de guerre appendues au mur de la salle familiale, entre le Christ et la Vierge, à côté du « Globe » qui abrite, sur l'armoire, les souvenirs touchants de l'hyménée… Les larmes surgissent : des mères, des pères, des soeurs, pleurent ; tous les yeux s'humectent. C'est un coeur et un noble coeur qui s'épanche et se penche sur toutes ces glorieuses douleurs. Ah ! Le beau langage, le grand et noble prêtre qui, lui aussi a souffert, mais qui domine tout par l'éloquence, la dignité, la franchise et la droiture. L'Abbé Lemire, c'est l'incarnation de la Flandre ! Et tout à coup, ce verbe rude et beau s'attendrit, s'adoucit ; c'est la vieille « Moeder taal », la langue maternelle que l'on entend traduisant ces beaux accents qui ont fondé et élevé tous les coeurs. M. de Lavenay, notre distingué Sous-Préfet dont le belle culture littéraire est si appréciée magnifie ensuite cette Flandre, ses héros, ses vertus de travail et de persévérance. Il fait un éloquent raccourci de la Guerre, il préconise l'Union nécessaire au relèvement de la République, il salue les morts pour la Patrie et félicite Bollezeele et ses dévoués élus.

    Enfin, M. le Général Cartier, en termes sobres, mais dont chaque mot porte, se joint aux orateurs qui l'ont précédé pour exalter l'héroïsme flamand. Il déplore la guerre et tous les maux qu'elle entraîne, mais il nous dit de continuer de veiller contre l'ennemi vaincu qui ne songe qu'à la revanche. Le général est également applaudi. La musique joue l'hymne du départ, précédé du Salut au Drapeau. On dépose à la fin de la cérémonie des fleurs et des couronnes sur le socle du monument, qui semble alors émerger d'un parterre. Rien n'était plus touchant que de voir l'empressement des enfants des écoles communales et libres à disposer délicatement ces gerbes et bouquets. M. et Mme Dehaene, dont on sait la grâce et la bonté, ont reçu ensuite les autorités dans leur belle propriété familiale où la musique tint à donner une sérénade au très dévoué Maire. Tout cela était simple, cordial et, sur tous les visages, on ne lisait que de la satisfaction, - satisfaction de braves gens, de bons citoyens, heureux d'avoir montré que l'union sacrée, la serviabilité et le dévouement ne sont pas un vain mot.

    Le « Nord Maritime » félicité de tout coeur M. Dehaene, maire de Bollezeele, du beau succès de cette noble manifestation patriotique et de pieuse gratitude envers les Bollezeelois morts pour la France. Nous ajouterons que toute la population gardera un souvenir vivace de cette heure profondément émouvante ! Amicus.